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CRIMINALITÉ: Un lien établi avec les traumatismes du cerveau

Actualité publiée il y a 7 années 8 mois 1 semaine
Barrow Cadbury Trust

60% des détenus adultes ont des antécédents de traumatisme crânien. Cette constatation du nouveau rapport de l’Université d’Exeter, sur l'impact des lésions cérébrales subies dans la jeunesse et le passage au crime, suggère que ces lésions pourraient interrompre le développement de la capacité cérébrale des jeunes à maîtriser leurs pulsions et leurs actions. Ces conclusions, publiées dans le cadre de recherches du Barrow Cadbury Trust, une organisation caritative, appellent non seulement à une intervention précoce pour identifier et gérer les traumatismes crâniens chez les jeunes mais aussi à une prise de conscience des antécédents de lésions cérébrales en justice pénale.

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Une épidémie silencieuse : La recherche, menée par Hugh Williams, professeur agrégé de la neuropsychologie clinique au Centre for Clinical Neuropsychology Research de l'Université of Exeter, a porté sur les lésions cérébrales acquises (LCA), des lésions associées à une cause externe, comme une blessure grave à la tête, par opposition aux facteurs congénitaux. Ces lésions peuvent résulter d'accidents ou de chutes, de blessures sportives ou d'accidents de voiture, des événements plus fréquents chez les adolescents en raison de comportements à risque ou du risque accru d'être victime d'agression physique. La lésion cérébrale traumatique est la forme la plus courante de lésion cérébrale acquise, ouverte ou fermée, est décrite ici comme une épidémie silencieuse. Elle peut conduire à la perte de mémoire et de concentration, la réduction de la conscience de soi et des autres, une absence de contrôle des pulsions et une absence de jugement social. Bref, à des troubles du comportement jusqu'à l'agressivité.


Une plasticité compromise : On sait aujourd'hui que si le cerveau humain bénéficie de sa «plasticité» toute la vie, c'est-à-dire du développement, avec de nouveaux apprentissages, de nouvelles connexions neuronales, il atteint néanmoins globalement sa maturité à la vingtaine. Parmi les fonctions cérébrales, le contrôle des impulsions et la planification sont les dernières à se développer, ce qui peut expliquer certains comportements, aussi, à l'adolescence. A cet âge, le jeune cerveau, selon le rapport, peut souffrir de troubles de l'attention, de concentration et de l'humeur, mais aussi « est plus enclin à prendre des risques et donc être blessé ». En particulier, les circuits qui permettent d'équilibrer conséquences à long terme et à court terme, ne sont pas encore pleinement développés.

Des effets difficiles à prévoir : Si les effets d'un traumatisme crânien chez les enfants et les jeunes sont difficiles à prévoir parce que le cerveau est encore en plein développement, les études récentes montrent que le développement des compétences pourrait se trouver perturbé. Une blessure à la région du cerveau responsable du contrôle de l'impulsion peut entraîner des problèmes de long terme de décision et des troubles psychotiques, associés à un comportement antisocial et violent. Ainsi, des jeunes touchés par une lésion cérébrale traumatique sont susceptibles de présenter ces troubles tout au long de la vie.

Une association indiscutable : Le rapport a analysé les données scientifiques disponibles sur l'association lésions cérébrales et criminalité et a regardé la prévalence des lésions cérébrales chez les personnes en garde à vue. Selon cette analyse :

· L'expérience de traumatismes crâniens chez les délinquants se situe entre 50-80% vs moins de 10% en population générale.

· Une étude britannique récente montre que 60% des jeunes détenus ont déclaré avoir subi une lésion cérébrale traumatique.

· Les détenus ayant signalé une lésion cérébrale traumatique sont en moyenne, plus jeunes de 5 années lors de leur première peine d'emprisonnement.

· Un historique de lésion(s) cérébrale(s) est associé au risque d'être incriminé, plus tard dans la vie.

· Une étude suédoise conclut que parmi les victimes de traumatisme crânien, 8,8% ont commis des crimes violents vs 3%.

· Enfin, les lésions cérébrales s'avèrent associées à d'autres troubles à plus forte prévalence chez les délinquants, dont les maladies mentales, la toxicomanie, l'abus d'alcool mais aussi les difficultés d'apprentissage.

Les lésions cérébrales doivent donc être reconnues comme un problème de santé chronique avec des symptômes persistants. Ce rapport, aux conclusions tout à fait nouvelles, recommande une intervention précoce pour identifier et gérer les traumatismes crâniens et une surveillance accrue des symptômes de lésions cérébrales chez les enfants et les jeunes. Enfin, ce travail appelle ouvertement à une sensibilisation accrue à l'historique de lésions cérébrales en justice pénale.

Source: Barrow Cadbury Trust October 2012 Repairing Shattered Lives (PDF, 4.5MB)

Lire aussi: L'état de STRESS POST-TRAUMATIQUE nous met le cerveau à l'envers

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