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DOULEUR: Faut-il souffrir pour mieux guérir?

Actualité publiée il y a 7 années 5 mois 3 semaines
Circulation

Et s’il fallait souffrir pour mieux guérir. Cette étude surprenante réalisée chez la souris a exploré les effets de la «substance P», une substance chimique libérée par les nerfs en réponse à une blessure ou à une douleur. Les chercheurs ont cherché à savoir si cette «substance P» joue un rôle dans la cicatrisation des tissus après une thrombose ou même une crise cardiaque… Des conclusions à découvrir dans l’édition en ligne du 27 février de Circulation, la revue de l’American Heart Association.

L'étude menée sur des souris et centrée sur le champ cardiovasculaire, révèle en effet que les niveaux de substance P - un peptide libéré par les nerfs sensoriels en réponse à une blessure ou thermique ou à une stimulation douloureuse- ont augmenté après un blocage temporaire de la circulation sanguine, incitant la moelle osseuse à libérer les cellules sensibles à la substance P. Ces cellules favorisent ensuite la guérison des tissus et la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Mais si l'on donne de la morphine aux souris, certes elles ne souffrent plus mais cette réponse qui favorise le processus de cicatrisation est compromise. Des expériences préliminaires chez l'homme suggèrent que le processus pourrait bien être similaire.


Chez la souris…Les chercheurs de l'Université de Bristol, de l'Université College de Londres, de l'Université d'Udine et de Ferrare (Italie) ont d'abord mené des expériences chez la souris pour savoir si les nerfs sensoriels de la douleur étaient présents dans la moelle osseuse de souris et si les cellules de moelle osseuse de souris répondaient à la substance P. Les chercheurs confirment la présence de nerfs sensoriels de la douleur dans la moelle osseuse de souris et la présence de cellules progénitrices de moelle qui répondent à la substance P. Le blocage du flux sanguin augmente bien les niveaux de substance P dans le sang circulant, et entraine la libération de cellules sensibles à la substance P. Ces cellules sensibles s'avèrent bien importantes pour la guérison et la formation de vaisseaux sanguins.

Et chez l'Homme : Les chercheurs ont ensuite effectué quelques expériences chez l'Homme, pour déterminer si la substance P, pourrait aussi jouer un rôle chez l'homme dans la cicatrisation des tissus après un blocage temporaire du flux sanguin. Les chercheurs ont en particulier examiné si les cellules humaines de moelle osseuse répondaient de la même manière à la substance P, si les niveaux de la substance P étaient modifiés à la suite d'une crise cardiaque et si les cellules sensibles à la substance P pourraient également favoriser la guérison. Les cellules progénitrices humaines expriment également des récepteurs à la substance P. Les chercheurs constatent aussi que les niveaux de substance P ont augmenté chez les patients qui ont subi une crise cardiaque et que les cellules humaines sensibles à la substance P favorisent la formation des vaisseaux sanguins en laboratoire.

Ces résultats suggèrent ainsi que la réponse à la douleur est importante dans le processus de réparation et que le bloquer –ou trop le bloquer- peut être nocif. L'idéal serait donc des médicaments efficaces à la fois dans la prise en charge de la douleur et non bloquants dans le processus de réparation. Cette étude pourra donc conduire à une enquête plus approfondie sur le rôle de la signalisation de la douleur dans la mobilisation des cellules progénitrices pour la mise au point de médicaments.

Source: Circulation. 2012;125:1774-1786 Role for Substance P-Based Nociceptive Signaling in Progenitor Cell Activation and Angiogenesis During Ischemia in Mice and in Human Subjects.(Visuel NIH “Substance P and targeted cell death”)

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