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DROGUES: Le marché européen s'accélère

Actualité publiée il y a 6 années 2 semaines 3 jours
OEDT

Un marché de l’héroïne en mouvement, l’arrivée permanente sur le marché de nouvelles substances et les conséquences de la démocratisation de l’usage du cannabis, sont les 3 tendances fortes qui émergent du nouveau rapport 2015 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT). Bref un marché si mouvant, qu’il devient impossible à surveiller et des substances en constant renouvellement auxquelles les autorités sanitaires européennes peinent à répondre. Enfin, le marché se mondialise, lui-aussi, appelant donc à une réponse mondialement coordonnée.

Les marchés européens de la drogue sont en constante évolution, avec en 2014, plus d'une centaine de nouvelles substances psychoactives détectées et, en regard, des évaluations des risques menées en Europe sur 6 nouvelles drogues (seulement). Cette évolution constante et rapide du marché constitue déjà en soi un défi, en termes de prévention, de surveillance et de prise en charge, pour les autorités, les agences sanitaires, les chercheurs et les cliniciens. Comme tous les autres marchés, celui des drogues s'est mondialisé, appelant à une analyse de l'offre et une politique de prévention mondiales.


Si près d'un Européen sur 4 a déjà consommé des drogues illicites, la drogue la plus répandue reste le cannabis et pour toutes les tranches d'âge. On estime à 14,6 millions le nombre de jeunes Européens de 15 à 34 ans (11,7 % de cette tranche d'âge) qui ont consommé du cannabis au cours de l'année écoulée, dont 8,8 millions de jeunes entre 15 et 24 ans (15,2 %).

Le cannabis reste en ligne de mire des autorités en raison de l'importance des coûts de santé associés. Car ces nouvelles données montrent le poids croissant du cannabis dans les systèmes de traitement lié à l'usage de drogue en Europe, avec une hausse du nombre de demandes de traitement. Le cannabis, précise aussi le rapport, c'est la première expression de la criminalité liée à la drogue, avec 80 % des saisies réalisées et plus de 60 % des infractions liées à la drogue enregistrés en Europe. Pourtant, les disparités demeurent, d'un état européen à l'autre, tant au plan de l'accès et des structures de soins qu'au plan des sanctions des délits relatifs à l'offre de cannabis. Enfin, les études relatives aux accidents et situations d'urgence font état d'une hausse des cas de problèmes de santé aigus associés aux produits dérivés du cannabis fortement dosés. L'OEDT appelle donc à une surveillance accrue des problèmes de santé aigus liés à la consommation du cannabis.

L'héroïne tient également bonne place dans ce nouveau rapport, car si le déclin des demandes de traitement et du nombre d'incidents liés à la consommation d'héroïne se poursuit, plusieurs indicateurs de marché suscitent l'inquiétude : hausse substantielle de la production d'opium en Afghanistan, le premier pays fournisseur de l'héroïne consommée en Europe, augmentation possible de la pureté de l'héroïne disponible sur la marché européen, taux d'incidence élevé des décès par surdose et nouveaux modes d'approvisionnement des marchés européens. Face à une possible résurgence de cette drogue sur le marché européen, l'OEDT appelle à la nécessité d'adapter les services aux besoins d'usagers vieillissants et de renforcer l'accès aux services sociaux et sanitaires pour les usagers de drogues injectables. La question des «salles de consommation de drogue à moindre risque» est donc reposée, parmi toute une série de stratégies ciblées, dont la mise en œuvre de programmes d'administration de naloxone et la prévention ciblant les groupes à risque élevé.

Enfin, s'accélère l'arrivée permanente –en particulier via l'Internet- de nouvelles substances psychoactives, qui posent un véritable défi en termes de compréhension, de surveillance, d'épidémiologie et bien sûr de prise en charge. Ainsi, en 2014, 101 nouvelles substances ont été détectées pour la première fois, dont des cannabinoïdes, des stimulants, des hallucinogènes et des opiacés synthétiques, qui imitent les substances existantes. Le rapport rassure néanmoins sur une expérimentation qui reste limitée chez les jeunes, dans la plupart des pays européens.

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