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GROSSESSE: La mère passe son stress à l'enfant via ses bactéries et le placenta

Actualité publiée il y a 6 années 3 semaines 5 jours
Neuroscience 2013

C’est ce que suggèrent ces 2 études de l’Université de Pennsylvanie, présentée au Congrès annuel Neuroscience 2013 (San Diego). Les bactéries vaginales et une protéine spécifique du placenta pourraient « communiquer le stress de la mère au bébé » et contribuer ainsi risque de troubles neurologiques comme l'autisme et la schizophrénie. Ces travaux non seulement apportent une explication de la transmission du stress mère-enfant mais identifient aussi un nouveau biomarqueur de risque de trouble neurologique chez l’enfant.

De nombreuses études ont déjà montré que le stress et les contraintes ressentis par les mères pendant la grossesse affectent le développement neurologique d'enfant mais les mécanismes sous-jacents restent mal connus.


Le stress modifie le microbiome dans le vagin de la mère et l'intestin de l'enfant, car lors de l'accouchement, une partie du microbiome du vagin de la mère passe dans l'intestin de l'enfant. Dans la première étude, l'équipe du Pr Tracy L. Bale, professeur de neurosciences à l'Ecole Perelman de médecine de Penn constate que les modifications du microbiome produites par le stress chez des souris enceintes altèrent la population microbienne de l'intestin du nouveau-né et entraînent des changements dans le cerveau en développement. Précisément, les chercheurs montrent que le stress prénatal précoce affecte à la fois chez la mère et chez l'enfant, les niveaux de lactobacillus, une bactérie produisant de l'acide lactique impliqué dans la neurochimie du cerveau. Des niveaux trop élevés d'acide lactique pouvant affecter le développement neurologique. En effet, l'équipe constate, sur la progéniture des souris, des changements dans l'expression des gènes dans l'hypothalamus corrélés avec ces niveaux de lactobacilles.

Une protéine spécifique dans le placenta, OGT, joue un rôle protecteur sur le développement cérébral de l'enfant : Une seconde étude menée sur l'animal montre qu'une protéine spécifique dans le placenta, OGT (O-linked-N-acetylglucosamine transferase), peut avoir des conséquences sur le développement cérébral de l'enfant. Or cet enzyme déjà connu pour affecter une grande variété de fonctions de régulation, dont le développement, est trouvé à des niveaux plus faibles dans le placenta des mères stressées. Et lorsque les chercheurs manipulent ces niveaux chez la souris, ils obtiennent des effets similaires à l'effet du stress maternel sur la mère, et constatent sur la descendance devenue adulte, une plus grande sensibilité au stress, très semblable à celle retrouvée sur la progéniture de mamans souris stressées. Des résultats qui suggèrent que l'OGT du placenta peut jouer un rôle protecteur pendant la grossesse mais aussi servir de biomarqueur pour toute une gamme de troubles du développement neurologique chez les enfants.

Source: Neuroscience 2013 Study shows moms may pass effects of stress to offspring via vaginal bacteria and placenta

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