Vous recherchez une actualité
Actualités

La SCIENCE coupable aussi de discrimination raciale?

Actualité publiée il y a 8 années 11 mois 3 semaines
Science

CORONAVIRUS

TENA soutient les aidants
familiaux et leurs proches

Nous soutenons les aidants familiaux et leurs proches pendant cette période difficile. Cliquez ici pour retrouver nos conseils et astuces simples sur l'hygiène.

C'est ce que démontre cette étude publiée le 19 août dans la revue Science, en concluant que les scientifiques américains de race noire ou d'origine africaine ont 13% de moins de chances de recevoir des financements de la part des National Institutes of Health (NIH) pour leurs recherches, en comparaison avec les scientifiques blancs. Et après ajustement avec les autres facteurs tels que le niveau d'éducation du candidat, le pays d'origine, la formation, les bourses de recherche préalables, son dossier de publications… ces candidats ont encore 10% moins de chances que leurs homologues blancs.


Ce sont les NIH eux-mêmes qui ont commandé cette étude, menée sur la période 2000- 2006 et qui identifie les disparités dans les taux de financement des NIH accordés aux chercheurs noirs. L'auteur principal, Donna Ginther, professeur d'économie à l'Université du Kansas explique que pour chaque tranche de 100 subventions soumises au NIH, 30 subventions ont été accordées à des candidats blancs vs 20 subventions à des candidats noirs.

«Afin d'améliorer la santé publique, il est important dans la recherche aussi de refléter la diversité de la population", déclare D. Ginther. «Comme la population est de plus en plus diversifiée, nous devons aller plus loin vers cet objectif”.

Les demandes de financement effectuées auprès des NIH sont examinées par des scientifiques, des “pairs” qui apprécient la légitimité, le caractère innovant et lla méthodologie des projets de recherche, mais aussi le profil et l'expérience du chercheur et son environnement de recherche. Environ la moitié des demandes sont acceptées en premier ressort. Ensuite les différents instituts des NIH déterminent les dossiers qui seront financés. Les priorités varient selon les années et les priorités. Mais l'étude constate que les demandes des chercheurs noirs sont moins susceptibles de passer la pré-sélection et, en moyenne obtienent de moins bons scores.

Les informations concernant la race, l'ethnicité et le sexe ne sont pas disponibles lors de l'examen par les pairs mais les auteurs précisent que des faits biographiques inclus dans le dossier peuvent fournir des indices sur l'identité des demandeurs.

Cette sorte de discrimination s'ajoute ou fait suite à d'autres petites inégalités dans l'accès aux ressources de recherche et d'encadrement durant la formation ou en début de carrière, ces éléments s'accumulent pour constituer, finalement, de grandes différences entre les groupes de population, indique cette étude. «Lorsque nous avons commencé cette étude, nous nous attendions à trouver des explications plausibles en cas de déficits de financement selon la race ou l'ethnicité (…) mais après presque trois années de travail et d'innombrables analyses des données, nous n'avons pas d'explication complète de cet écart de financement”.

Les auteurs rendent néanmoins hommage aux NIH d'avoir l'honnêteté et la transparence de publier ces résultats. Le directeur du NIMH, institut des NIH, déclare sur son blog:” Nous devons faire mieux pour nous assurer que notre effectif reflète la variété de milieux, de perspectives et de talents qui a fait de cette nation une source d'innovation”.