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Maladie du SOMMEIL: En Afrique, les milliers de malades ne dorment plus la nuit

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 4 semaines
IRD

Cette étude de l’institut de recherche pour le développement (IRD) alerte sur la persistance en Afrique de la trypanosomose humaine africaine (THA), plus connue sous le nom de maladie du sommeil. Cette maladie, fatale si non traitée, négligée, est due à un parasite, le trypanosome, transmis à l’homme par la mouche tsé-tsé. Si de nouvelles méthodes de diagnostic viennent d’être mises en place, les foyers persistent notamment en Guinée et en Côte d’Ivoire, faisant encore plus de 10.000 nouveaux cas par an.

La maladie du sommeil provoque bien un trouble du sommeil, mais il s'agit souvent en réalité d'un dérèglement du cycle du sommeil, où le sujet dort le jour et veille la nuit. Le parasite Trypanosoma brucei envahit d'abord le sang, puis le système nerveux de son hôte, d'où ces perturbations. S'ajoutent ensuite des troubles sensoriels, moteurs, psychiques et neurologiques. Les quelques traitements disponibles à ce jour sont très toxiques et nécessitent une hospitalisation de trois à quatre semaines.


La maladie du sommeil touche essentiellement les populations pauvres et rurales et mobilise peu les politiques, les financiers et l'industrie du médicament. C'est une maladie négligée, rappelle l'IRD, qui pour la première fois depuis 50 ans, grâce aux efforts déployés, est passée sous le seuil des 10.000 nouveaux cas vs 40.000 en 1998.

Le bilan réalisé en collaboration avec l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, les Programmes Nationaux de Lutte contre la THA de la Guinée, du Burkina-Faso et de la Côte d'Ivoire et l'OMS est basée sur les données du réseau de surveillance mis en place en Afrique ces dernières années et sur une méthode de diagnostic de pointe, développée par l'IRD, la trypanolyse, qui permet de mieux localiser les populations à risque et donc d'identifier les zones prioritaires d'intervention. Mais des foyers sont toujours actifs en Guinée et en Côte d'Ivoire où les mouches tsé-tsé, qui trouvent des conditions idéales de survie dans les zones de mangrove et de forêts, transmettent l'agent pathogène aux humains.

Une technique de surveillance de haute précision : La trypanolyse permet de tester en laboratoire un très grand nombre de personnes et de localiser les foyers. Il s'agit, sous la loupe du microscope, de mettre en contact le sérum du sujet prélevé avec les parasites. Si à l'issue de cette manipulation, les trypanosomes sont morts, cela signifie que le sérum testé contient les anticorps correspondants. Autrement dit, le sujet a été en contact avec le pathogène au cours de sa vie. Les chercheurs ont également développé une technique de prélèvement sur papier filtre, qui permet la conservation et le transport des échantillons jusqu'au lieu de l'analyse.

Si toutes ces avancées contribuent à optimiser les efforts pour l'élimination durable de la maladie, les financements restent encore trop imités pour éradiquer la maladie, en particulier dans les foyers guinéens.

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