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OBÉSITÉ infantile: Le manque de sommeil fait l'excès de graisse

Actualité publiée il y a 5 années 5 mois 2 jours
Pediatrics

Les enfants qui, à la petite enfance, dorment moins que le nombre d’heures recommandées voient leur « adiposité » globale ou graisse corporelle augmenter dès l’âge de 7 ans, révèle cette étude menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital, dépendant de la Harvard Medical School. Ces conclusions, publiées dans l’édition de juin de la revue Pediatrics, apportent des preuves convaincantes sur le lien entre un sommeil insuffisant et l'obésité infantile et cela quelle que soit la période de la petite enfance mais montre également, sur plus de 1.000 enfants, qu'un enfant sur 3 environ, ne dort pas suffisamment.

Le manque de sommeil dans la petite enfance apparaît ici comme un facteur de risque indépendant et majeur d'obésité et d'adiposité, explique le Pr Elsie Taveras, chef de service de pédiatrie générale au Massachusetts General Hospital et auteur principal de l'étude. Il précise que contrairement à de précédentes études, il n'a pas identifié de période critique ou de fenêtre de vulnérabilité à l'influence de la durée du sommeil sur le gain de poids. A toute période de la petite enfance, le manque de sommeil a cet effet néfaste.


De précédentes études ont en effet déjà suggéré cette association chez les jeunes enfants, et même démontré que le manque de sommeil est l'un des facteurs majeurs de risque d'obésité chez l'enfant. Cette étude a analysé les données de 1.006 enfants du projet Viva, une étude de long terme sur les effets sur la santé de plusieurs facteurs pendant la grossesse et après la naissance. Les données de sommeil de l'enfant (durée totale, nuit et sieste) ont été recueillies auprès des mères par entretiens aux âges de 6 mois, 3 ans et 7 ans puis à partir de questionnaires, aux âges de 1, 2, 4, 5 et 6 ans. Les mesures de taille, de tour de taille, de poids, de graisse corporelle totale, de graisse abdominale, de masse maigre ont été relevées à 7 ans. Des mesures, précisent les auteurs qui reflètent fidèlement les risques cardio- métaboliques. Un sommeil insuffisant a été défini comme moins de 12 heures par jour pour les âges de 6 mois à 2 ans, moins de 10 heures par jour pour 3 à 4 ans et moins de 9 heures par jour pour 5 à 7 ans. Des scores de sommeil couvrant la période entière de l'étude, allant de 0 (le plus haut niveau de maque de sommeil) à 13 (sommeil suffisant sur toute la période de suivi), ont été affectés aux enfants.

Un enfant sur 3 manque de sommeil :

· le score moyen de sommeil était de 10,2

· 4,4% des enfants ont obtenu un score de sommeil de 0 à 4, indiquant un manque de sommeil important,

· 12,3% un score de 5 à 7 (sommeil très insuffisant),

· 14,1%, un score de 8-9 (sommeil insuffisant),

· 28,8% un score de 10 à 11,

· 40,3% un score de 12 à 13.

Moins de sommeil, plus de graisse : L'analyse confirme en effet que,

· les enfants ayant les scores les plus faibles de sommeil ont aussi les niveaux les plus élevés de toutes les mesures reflétant l'obésité et l'adiposité, dont la graisse abdominale (la plus néfaste).

· L'association vaut pour tous les âges,

· il n'existe pas de période plus critique que d'autres, toutes se valent en matière de vulnérabilité.

· Les scores les plus faibles de sommeil sont identifiés dans les familles à faible revenu, faible niveau d'études et parmi les minorités ethniques.

· Quels que soient les facteurs de confusion pris en compte, l'association reste significative.

Mieux comprendre encore la relation sommeil et prise de poids et de graisse, reste nécessaire, même si plusieurs hypothèses sont retenues comme l'influence du sommeil sur la faim via les hormones de satiété, les perturbations des rythmes circadiens, des voies génétiques impliquées à la fois dans le sommeil et le métabolisme, une association d'une faible durée de sommeil de l'enfant avec une capacité réduite des parents à faire les bons choix alimentaires ou à adopter les comportements dits « de santé ».

Toujours en question, l'amélioration de sommeil peut-elle permettre de réduire le risque d'obésité ? En attendant, les auteurs rappellent qu'un sommeil suffisant et de qualité chez l'enfant repose sur des heures de coucher régulières, l'absence de consommation de boissons excitantes et d'écrans de tous types dans la chambre. Ils rappellent également l'importance d'un bon sommeil pour la vigilance à l'école, l'humeur et la qualité de vie.

Source: Pediatrics May 19, 2014, doi:10.1542/peds.2013-3065 Chronic Sleep Curtailment and Adiposity

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