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POLLUTION de l'AIR INTÉRIEUR: C'est 20.000 décès par an en France

Actualité publiée il y a 5 années 6 mois 1 semaine
ANSES

Nous passons 90% de notre temps à l’intérieur, exposés à de nombreux agents physiques et contaminants chimiques ou microbiologiques qui entraînent des conséquences sanitaires. Près de 20.000 décès et 19 milliards d’euros, c’est l’estimation de ce fardeau, de l’impact sanitaire des polluants liés au chauffage, à la cuisson, aux produits d’entretien mais aussi à l’arrivée de pollution extérieure, présents dans les domiciles, les écoles, les entreprises ou encore, les transports en commun. Estimé pour la première fois par ce bilan de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), ce bilan qui révèle le coût de la pollution intérieure en termes de décès prématurés, de soins et de pertes de production, fait ressortir un coût majeur, celui lié à l’exposition aux particules.

Les principaux polluants de l'air intérieur sont des polluants chimiques (composés organiques volatils (COV), oxydes d'azote (NOx), monoxyde de carbone (CO), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), phtalates, etc.), des bio contaminants (moisissures, allergènes d'acariens, d'animaux domestiques et de blattes, pollens etc.), des particules et fibres (amiante, fibres minérales artificielles, particules inertes, etc.). Dans ce bilan, ont été pris en compte comme polluants de l'air intérieur 6 polluants majeurs présents dans l'air intérieur indépendamment de leur source, le benzène, le radon, le trichloréthylène, le monoxyde de carbone, les particules et la fumée de tabac environnementale, dont les données sont disponibles.


Un coût pour la collectivité de l'ordre de 19 milliards d'Euros par an : L'essentiel de ce coût socio-économique, de 19,526 milliards € imputable aux polluants de l'air intérieur, tient à la mortalité et à la baisse de la qualité de la vie des personnes victimes d'une pathologie. Il ne peut être comparé aux coûts des autres problèmes de santé publique car leurs évaluations sont antérieures, donc sous-évaluées. Enfin, toutes les substances ne pèsent pas le même poids.

Ainsi, le poids des particules représente 73 % du coût, très largement déterminé par le nombre des décès (82 % des décès sont imputables aux particules en suspension). Des particules en suspension dans l'air intérieur provenant, rappelle le rapport, de l'air extérieur d'une part, et d'autre part de sources intérieures, telles que la cuisson des aliments, l'entretien des locaux, les appareils de combustion et de ventilation.

La fumée de tabac environnementale et la présence de benzène viennent très loin derrière les particules en suspension (respectivement 7 % et 4,5 %).

Certes, à ce stade, il s'agit d'une estimation, tous les polluants n'ayant pas été pris en compte, certaines données ayant été extrapolées. D'autant que les conséquences de ces expositions sur la santé sont très variables selon la nature des polluants, l'intensité et la durée des expositions, mais aussi d'autres facteurs tels que les déterminants génétiques, les facteurs socio-économiques et d'autres paramètres environnementaux. L'Anses précise ainsi que ces travaux nécessiteront des approfondissements notamment avec la prise en compte d'autres polluants courants mais aussi d'autres hypothèses et méthodologies de calcul. Mais ce bilan a le mérite de révéler l'ampleur du fardeau sanitaire lié à la pollution intérieure et de sensibiliser décideurs et citoyens sur l'importance de mieux la contrôler.

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