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SCLÉROSE latérale amyotrophique: La longueur des doigts révèle le risque d'atteinte des motoneurones

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 4 semaines
Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry

La sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot, liée à une atteinte des neurones moteurs ou motoneurones, qui conditionnent tous nos actes moteurs, pourrait être détectée par la longueur des doigts. Cette étude, publiée dans l’édition du 6 mai du Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, associe en effet la forme la plus fréquente de la maladie à la longueur de l'annulaire et de l'index chez les adultes. Une question d’exposition à la testostérone in utero.

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot est une maladie neurodégénérative caractérisée par un affaiblissement puis une paralysie des muscles des jambes et des bras, des muscles respiratoires, ainsi que des muscles de la déglutition et de la parole. C'est une maladie évolutive grave résultant d'une destruction des cellules nerveuses (neurones), qui réduit l'espérance de vie des personnes atteintes. Sa prévalence est estimée à 1/25.000. En France, plus de 800 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Il n'existe aucun traitement pour la SLA, et le peu de traitements disponibles ont une efficacité limitée.


Dans cette étude, les chercheurs ont mesuré la longueur des doigts de 110 hommes et femmes. Un peu moins de la moitié ont la sclérose latérale amyotrophique (SLA), la forme la plus courante de maladie du neurone moteur. Les hommes et les femmes atteints de SLA s'avèrent avoir l'annulaire relativement plus long que l'index.

Ces travaux de recherche menés par des chercheurs de l'Institut de Psychiatrie de Londres avaient pour objectif d'identifier les risques in utero qui augmentent le risque ultérieur de maladies à l'âge adulte en particulier si l‘impact de niveaux élevés de testostérone dans l'utérus sont un facteur de risque pour le développement ultérieur de la SLA. Les niveaux de testostérone dans le sang jouent en effet un rôle important dans la fonction normale des motoneurones, ces cellules nerveuses qui contrôlent la fonction musculaire.

Sur 141 personnes dont les mains ont été photographiées (73 avec la SLA et 68 contrôles), les chercheurs ont exclu 31 personnes dont les doigts ne pouvaient pas être mesurés avec précision en raison d'une contracture musculaire. Les chercheurs concluent que le rapport des longueurs index/annulaire est plus faible chez les personnes atteintes de la SLA, par rapport aux témoins. Ce résultat confirme l'effet de la hausse du taux prénatal de testostérone, confirmé comme facteur de risque de développer la SLA à l'âge adulte. Mais le mécanisme sous-jacent doit être mieux compris et des études plus importantes de conception plus robustes sont encore nécessaires.