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TOC et ANOREXIE: Apparition soudaine chez l'Enfant, quelles causes?

Actualité publiée il y a 7 années 10 mois 1 semaine
Pediatrics & Therapeutics

Un enfant présente une apparition soudaine et aiguë de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) ou de troubles alimentaires en l'absence d'un lien clair avec une infection ? On en sait encore peu sur le syndrome d’apparition soudaine de ces troubles chez l’Enfant, mais ces chercheurs de Yale et de John Hopkins font le point sur les critères, le mécanisme et testent avec des résultats positifs, un nouveau traitement pour ce trouble d'apparition de trouble obsessionnel compulsif ou TOC. Des conclusions prometteuses, publiées dans la revue Pediatrics & Therapeutics, en coordination avec les National Institute of Mental Health (NIMH) américains. Le syndrome, le PANS (Pediatric Acute-onset Neuropsychiatric Syndrome) inclut les enfants et les adolescents qui développent subitement les symptômes du TOC ou des comportements alimentaires anormaux, ainsi que d'autres symptômes psychiatriques. 1 adulte sur 100 et 1 enfant ou adolescent sur 200 présenteraient des TOC. Ainsi, les NIMH estiment qu’il y aurait 4 à 5 enfants atteints, en moyenne, par école élémentaire et environ 20 étudiants atteints par établissement secondaire. Les TOC affectent indifféremment hommes, femmes et enfants de toutes races et de tous milieux. Le syndrome PANS peut déboucher sur un trouble neuropsychiatrique auto-immune déclenché par un Streptocoque ou infection streptococcique (PANDAS : Pediatric Autoimmune Neuropsychiatric Disorder Associated with Streptococcus). Un essai clinique testant une immunothérapie pour le traitement de ce trouble neuropsychiatrique est actuellement en cours au NIH et à l'Université de Yale.

«Les parents décrivent des enfants comme dominés par une l'apparition de pensées obsédantes, de rituels compulsifs et de peurs incontrôlables », décrit le Dr Susan Swedo du NIH-NIMH, un des premier chercheurs à avoir caractérisé ce syndrome il y a 20 années. « Les cliniciens devraient envisager la présence de ce syndrome neuropsychiatrique lorsque les enfants ou adolescents présentent une apparition soudaine et aiguë de trouble obsessionnel-compulsif ou des troubles alimentaires en l'absence d'un lien clair avec une infection».


Quels critères de prévalence ? Les Drs Swedo et James Leckman, de l'Université de Yale et Noel R. Rose, professeur à l'Université Johns Hopkins, ont examiné tous les cas de TOC se traduisant par des troubles aigus de l'alimentation, indépendamment de la cause potentielle sur plus de 400 jeunes diagnostiqués avec PANDAS. Ils constatent,

- une plus grande prévalence chez les garçons que chez les filles (2:1),

- avec des symptômes psychiatriques, incluant toujours les TOC,

- et un développement généralement avant 8 ans.

Comment diagnostiquer ? La notion fondamentale des caractères aigu et grave de cette apparition de tout un ensemble de symptômes psychiatriques doit encore être définie. La nécessité d'un « registre centralisé» des cas qui permettrait à la communauté des scientifiques d'analyser les résultats d'études pour identifier les causes et les traitements possibles est en cours de développement à la Fondation Internationale des troubles obsessionnels et compulsifs (IOCDF). Mais les auteurs proposent que le patient réponde à 3 critères pour un diagnostic de PANS:

- Une apparition brusque et spectaculaire de TOC ou d'anorexie.

- La présence simultanée d'au moins 2 autres symptômes neuropsychiatriques qui peuvent être l'anxiété, les sautes d'humeur et la dépression, les comportements agressifs, l'irritabilité et l'opposition, la régression du développement, la détérioration soudaine des résultats scolaires ou des capacités d'apprentissage, des anomalies sensorielles et motrices ou encore des symptômes somatiques.

- Ces symptômes sont inexplicables par un autre trouble médical ou neurologique connu.


Jusqu'à quels symptômes possibles ?
Parmi la vaste gamme de symptômes qui accompagnent ces troubles, les enfants peuvent sembler terrorisés, avoir une peur extrême de la séparation, passer sans raison du rire aux larmes, ou régresser jusqu'à faire des crises de colère, à un langage de « bébé » ou à l'énurésie. Dans certains cas, leur écriture ou autres capacités motrices s'aggravent de façon dramatique. L'équipe du Dr Leckman du Centre Yale Child Study développe actuellement des outils d'évaluation pour le diagnostic du syndrome.

Quel traitement possible ? Une nouvelle étude, multi-sites et contrôlée par placebo, teste actuellement l'efficacité des immunoglobulines intraveineuses (IgIV) pour réduire les symptômes du TOC chez les enfants atteints. Car la recherche sur l'animal et sur l'Homme suggère aujourd'hui des mécanismes par lesquels des anticorps déclenchés par l'arrivée du streptocoque attaquent par erreur un circuit spécifique du cerveau, ce qui entraîne ces pensées obsessionnelles et ces comportements compulsifs.

Le mécanisme de développement de ce trouble neuropsychiatrique auto-immune repose sur un type de streptocoque qui a évolué vers une sorte de camouflage pour échapper à la détection du système immunitaire, expliquent les chercheurs. La bactérie « strep » affiche des molécules sur la paroi cellulaire qui semblent presque identiques aux molécules trouvées dans les différents tissus du corps, y compris le cerveau. Finalement, le système immunitaire ne réagit pas à ce « mimétisme moléculaire », mais en raison des similitudes, les anticorps réagissent parfois avec ces molécules imitées provoquant une réaction qui peut entraîner TOC, tics, autres symptômes neuropsychiatriques. Les immunoglobulines intraveineuses (IgIV) –utilisées pour traiter d'autres maladies auto-immunes-neutralisent ces anticorps néfastes et restaurent une fonction immunitaire normale. "Nous prévoyons que les IgIV présenteront une efficacité remarquable pour le traitement des TOC et autres symptômes psychiatriques et tout particulièrement pour les enfants qui présentent des niveaux élevés d'anticorps dans le cerveau ».

L'étude prospective a testé les IgIV vs placebo. Par dosage des anticorps qui attaquent les cellules du cerveau et IRM, les chercheurs constatent que le traitement réduit l'inflammation dans une zone du cerveau connue sous le nom de ganglions de la base, cible des anticorps. En analysant le liquide céphalo-rachidien et le sang, les chercheurs espèrent aujourd'hui pouvoir identifier des biomarqueurs de la maladie et des prédicteurs potentiels de la réponse au traitement.

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