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ACCOUCHEMENT: L'administration d'ocytocine associée au risque d'hémorragie

Actualité publiée il y a 7 années 7 mois 1 semaine
BMJ Open

Les femmes ayant reçu de l’ocytocine pour déclencher leur accouchement ou accélérer le travail sont plus à risque d’hémorragie grave. Cette étude menée par une équipe de l’Inserm et publiée dans le BMJ Open, incitent, même si le risque reste faible, à davantage de modération dans l’utilisation de cette hormone pendant cette phase de travail.

L'hémorragie post-partum (HPP) demeure l'une des principales causes de mortalité maternelle dans les pays développés, rappellent les auteurs, causant 10 à 30% des décès maternels selon les pays et entraînant de fréquentes comorbidités. Elle survient après 5 à 10 % des accouchements et sous une forme graves après environ 1% des accouchements. Une hausse des HPP a été signalée dans plusieurs pays dont l'Australie, le Canada et les Etats-Unis. Les auteurs ont souhaité comprendre et se sont concentrés sur les soins pendant le travail qui peuvent être des facteurs d'explications, évitables.


Parmi ces soins, l'administration d'ocytocine, souvent utilisée pour induire ou accélérer le travail. Le fait que l'administration d'ocytocine pendant le travail soit devenue une procédure de routine dans les pays développés suggère que cette utilisation a dépassé les indications spécifiques et nécessitait une évaluation rigoureuse de son innocuité, en particulier en ce qui concerne le risque d'HPP. Jusqu'ici, les études cliniques sur l'effet de l'ocytocine pendant le travail sur le risque d'HPP ont donné des résultats contradictoires.

L'étude, menée par une équipe de l'Inserm, a porté sur 1.483 femmes ayant accouché à terme par voie vaginale d'un enfant unique, après une grossesse sans complications mais ayant eu une hémorragie post-partum grave et 1.758 femmes ayant accouché, avec les mêmes critères, mais sans HPP. Le critère principal était l'association indépendante entre le niveau d'ocytocine pendant le travail et le risque d'HPP sévère.

· L'ocytocine a été administrée au cours du travail dans 73% des cas avec HPP et 61% des contrôles (OR : 1,7, IC : 95% de 1,5 à 2,0).

· Après ajustement pour tous les facteurs de confusion, l'ocytocine pendant le travail s'avère associée à un risque significativement plus élevé d'HPP sévère (OR ajusté: 1,8, IC : 95% de 1.3 à 2.6) vs les femmes qui n'ont pas reçu d'ocytocine.

· Le risque d'hémorragie est dose-dépendant du niveau d'exposition à l'oxytocine.

Les chercheurs concluent donc que l'administration d'ocytocine pendant le travail semble être un facteur de risque indépendant de l'HPP grave. Ces résultats appellent à de nouvelles lignes directrices pour clarifier le protocole d'administration.

Le Dr Catherine Deneux-Tharaux (Unité Inserm 953) revient sur les points clés de ces travaux, sur le site de l'Inserm. Elle précise « qu'il faut bien distinguer l'administration d'ocytocine après la naissance du bébé ou pendant le travail. La première, après la naissance, est recommandée par les experts en France et au niveau mondial pour limiter le risque d'hémorragie. Son bénéfice dans cette indication est prouvé et n'est certainement pas à remettre en cause. Aujourd'hui environ 85 % des femmes en bénéficient en France et c'est une très bonne chose ».

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