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ALCOOL et CANCER du SEIN: Une association oui mais très complexe

Actualité publiée il y a 7 années 3 semaines 3 jours
Alcoholism: Clinical & Experimental Research

Cette méta-analyse de deux scientifiques du National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA-NIH) publié dans la revue Alcoholism: Clinical & Experimental Research précise l'épidémiologie et les preuves scientifiques reliant la consommation d'alcool au risque de cancer du sein. Si l'alcool agit bien comme un agent cancérigène du sein, une difficulté subsiste, celle de mettre en balance, en cas de consommation modérée, l’augmentation du risque de cancer et la diminution du risque cardiovasculaire.

Les auteurs qui ont recherché les études épidémiologiques récentes publiées jusqu’à novembre 2011, soulignent les lacunes dans les données épidémiologiques, en particulier sur le mode de consommation (consommation modérée, régulière, binge drinking) et la durée de suivi, un point de méthodologie primordial alors que le développement d’un cancer peut être lié à des expositions à l’alcool sur plusieurs dizaines d’années, ou encore la sous-déclaration de la consommation d’alcool par les participants qui pourrait accentuer au final les effets sur le risque de cancer.

L'analyse confirme l'hypothèse que l'alcool agit comme un agent cancérigène cumulatif faible pour le sein et un promoteur de tumeur : - Une augmentation significative de l'ordre de 4% du risque de cancer du sein est associée à une boisson alcoolisée / jour. - Une consommation excessive d'alcool, définie comme 3 boissons alcoolisées ou plus / jour, est associée à un risque accru de 40-50%. - 5% des cancers du sein seraient ainsi attribuables à la consommation d'alcool en Europe et en Amérique du Nord, soit, estiment les auteurs, environ 50.000 cas de cancer du sein dans le monde. - 1à 2% des cancers du sein en Europe et en Amérique du Nord seraient attribuables à une consommation modérée d'alcool.


L'alcool augmente les niveaux d'œstrogène qui peut alors avoir un effet cancérigène, d'acétaldéhyde, une substance intermédiaire de la fermentation de l'alcool, du stress oxydatif en entraîne des modifications épigénétiques.

Augmentation du risque de cancer mais diminution du risque cardiovasculaire : En conclusion, un seuil clair de l'effet n'a pas été démontré même si de nombreuses études montrent une légère augmentation du risque chez les femmes qui ne consomment qu'un verre par jour. En effet, même avec cette augmentation du risque de cancer du sein, les effets nets sur la mortalité totale des femmes qui consomment raisonnablement restent favorables en raison de la diminution du risque de maladies cardio-vasculaires associée à ces quantités modérées d'alcool. Sauf peut-être pour les femmes non ménopausées qui ont un risque cardiovasculaire relativement faible.

Comprendre le mécanisme de la relation entre consommation d'alcool et cancer du sein, a des implications importantes pour la santé des femmes et la prévention du cancer du sein. Alors que la compréhension des causes du cancer du sein reste très incomplète et limite la capacité à apporter des recommandations fondées au public, les futures études épidémiologiques devront donc préciser les habitudes de consommation et pas seulement la quantité moyenne d'alcool consommé.

Source: Alcohol Clin Exp Res 2012; pre-publication: DOI: 10.1111/j.1530-0277.2012.01888.x. Moderate alcohol consumption and breast cancer in women: From epidemiology to mechanisms and interventions et Boston University Critique 078: An update on the association of alcohol consumption with risk of breast cancer (Visuel © Knut Wiarda - Fotolia.com)

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