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LONGÉVITÉ: A grande taille, courte vie?

Actualité publiée il y a 3 années 9 mois 3 semaines
Proceedings of the Royal Society B

Existe-t-il une «juste » taille pour vivre plus longtemps ? C’est le titre de cette étude et sa conclusion, être de grade taille n’est pas forcément un atout quand on parle de durée de vie. Cette recherche de l’Université de Glasgow s’est en effet penchée sur la façon dont l'ADN change avec la taille. Les conclusions, à paraître dans les Proceedings of the Royal Society B contribuent à expliquer pourquoi, au plan de de l’évolution seulement, les sujets de grande taille ont tendance à vivre moins longtemps.

Ce n'est pas la première étude à trouver une association, génétique, entre la taille et la longévité. Une étude hawaïenne, publiée dans PloS ONE et menée sur 8.000 américains d'origine japonaise, avait déjà révélé une forme spécifique du gène FOXO3, associée à une taille plus petite et favorable à la longévité. Ici, c'est sur les moineaux sauvages, que sont basés ces résultats et l'analyse des changements dans l'ADN en regard du vieillissement et de la durée de vie.


Bien que les éléphants vivent plus longtemps que les souris, au sein de nombreuses espèces les sujets les plus grands ont une durée de vie plus courte que leurs homologues plus petits. Chez l'homme, une étude récente a montré que les personnes de grande taille sont plus sujettes aux maladies dont le cancer. Mais ces associations n'ont pas été clairement expliquées.

Ici, interviennent les télomères, les biomarqueurs probablement les mieux connus du vieillissement. Ces « capuchons » de protection composés de séquences d'ADN répétitives situés aux extrémités des chromosomes raccourcissent à chaque fois qu'une cellule se divise. Ils permettent aux chromosomes de rester stables. Mais lorsque les télomères raccourcissent et se désagrègent, les cellules vieillissent et meurent. Ainsi, des télomères plus courts ont été associés à une espérance de vie diminuée et un risque accru de maladies liées au vieillissement, des télomères plus longs associés à la longévité.

L'étude, menée par l'Université de Glasgow et l'Université norvégienne de Leka, menée sur des moineaux sauvages, constate que les moineaux aux squelettes les plus gros ont des télomères plus courts. Cette relation est maintenue pendant toute la période durant laquelle les chercheurs ont mis en œuvre un programme d'élevage sélectif destiné à rendre les moineaux de plus en plus grands. Dans le même temps en effet, leurs télomères sont devenus de plus en plus courts.

Pourquoi la taille n'est pas vraiment un avantage concurrentiel : Ces résultats, « à taille plus réduite, vie plus longue », reposent la question du paradoxe en biologie qui voudrait que si la taille est bien un avantage concurrentiel, pourquoi les mammifères ne deviennent-ils pas de plus en plus grands? Une partie de l'explication réside donc dans le fait qu'une taille plus élevée signifie raccourcissement et perte des télomères et vieillissement plus rapide. Plus simplement, gérer « un grand corps » signifie plus de divisions cellulaires, donc plus d'érosion des télomères et donc un vieillissement accéléré. Enfin, cette augmentation des dommages de l'ADN pourrait aussi être liée à une croissance généralement plus rapide chez les sujets de plus grande taille ?

Ces nouvelles conclusions ont l'intérêt d'avoir été obtenues en milieu naturel et probablement une limite, avoir été obtenues chez des oiseaux. Mais elles viennent confirmer de précédentes études et suggèrent finalement un mécanisme important qui limite l'évolution de la taille du corps.

Source: Proceedings of the Royal Society B (In Press) Nov, 2015 University of Glasgow Communiqué On being the right size: increased body size is associated with reduced telomere length under natural conditions

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