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NEURO: Entre équité et récompense, notre cerveau balance

Actualité publiée il y a 5 années 5 mois 1 semaine
PNAS

Comment apprécions-nous ce qui est juste? La réponse est bien sûr dans le cerveau répondent ces experts en « Neuroeconomics », mi économistes, mi neurologues. Mais, plus précisément dans le striatum ou centre de récompense du cerveau. Leurs derniers travaux, présentés dans les Actes de l’Académie des Science américaine (PNAS) qui décortiquent la relation entre équité, égalité, travail et argent montrent qu’en matière d’équité chacun voit midi à sa porte, c’est-à-dire en rapport avec ses propres efforts et ses propres revenus.


Plus précisément, cette équipe de recherche composée d'économistes de la Norwegian School of Economics et de spécialistes du cerveau de l'Université de Bergen ont regardé, via neuro-imagerie la façon dont le cerveau réagit à la répartition de revenus dans différentes situations et comment il tranche en faveur de l'équité ou d l'inégalité. 47 volontaires de sexe masculin ont été invités à effectuer un travail de bureau simple durant 30, 60 ou 90 minutes. Les participants ont ensuite été appariés de manière à jumeler un participant ayant travaillé 30 minutes avec un participant ayant travaillé 90 minutes et un participant ayant travaillé 60 mn avec un autre participant ayant travaillé 60 mn.

Après cette première phase, l'activité cérébrale des participants a été mesurée en utilisant un scanner IRM. Pendant que l'activité du striatum était enregistrée, les participants ont reçu une rémunération, leur co-équipier également et tous ont été invités à évaluer le caractère équitable ou injuste de la rémunération.

Nous ne sommes ni des saints, ni des égoïstes forcenés : L'expérience montre que l'activation du striatum en réponse à une récompense d'argent plus importante dépend de leur durée effective de travail. Ainsi, une somme d'argent plus importante produit une activation plus importante chez les participants qui ont travaillé longtemps vs pendant une période plus courte. Le centre de récompense est donc bien activé par l'argent mais une récompense injuste, perçue comme injustifiée, entraine une activation moindre du centre de la récompense. Nous ne sommes donc ni des saints sensibles à la seule équité, ni des égoïstes sensibles au seul gain. Nous sommes à mi-chemin entre ces deux comportements.

L'équité ne signifie donc pas donner à tout monde le même revenu : Le cerveau apprécie à la fois la récompense en soi et l'équité, c'est-à-dire son degré de justification. Ces 2 dimensions influencent l'activation du striatum. Des conclusions qui expliquent pourquoi certaines personnes sont prêtes à faire l'impasse sur une récompense monétaire, par souci de justice et que d'autres acceptent l'inégalité tant que cette inégalité est considérée comme juste.

Alors que notre système de distribution des revenus contribue à façonner notre organisation sociale et affecte fondamentalement le comportement de chacun, cette expérience plutôt simple, montre que notre cerveau apprécie mieux la récompense (et en économie la répartition des revenus), lorsqu'elle est jugée équitable. Comprendre ce système de préférence en matière d'équité et/ou d'inégalité « justifiée » est essentiel pour de nombreuses décisions politiques, qui pour pouvoir être appliquées nécessitent d'être perçues comme justes par la majorité.

Source: PNAS 13 October, 2014 doi: 10.1073/pnas.1414602111 Equity theory and fair inequality: A neuroeconomic study (Visuel © SZ-Designs - Fotolia.com)

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