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PRÉSENTÉISME ou pourquoi, même malade, on va travailler

Actualité publiée il y a 5 années 7 mois 2 semaines
Journal of Occupational Health Psychology

Cette étude de l’Université d'East Anglia a enquêté sur un phénomène en croissance avec la crise, le présentéisme, ou pourquoi de nombreuses personnes vont travailler alors qu’elles sont malades. Les conclusions, présentées dans le Journal of Occupational Health Psychology font valoir, principalement l'insécurité de l’emploi, le stress mais aussi des exigences professionnelles élevées.

L'objectif de cette étude, mieux comprendre les raisons qui vont nous convaincre d'aller au travail, même en cas de maladie et de sensibiliser ainsi les services de Ressources Humaines, les Comités comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et les professionnels de Santé au Travail à ce phénomène de « présentéisme » et aux facteurs qui peuvent déclencher ce comportement.


Les chercheurs ont analysé les données de 61 études portant, au total, sur plus de 175.960 participants de 34 pays et développé un modèle analytique pour identifier les causes les plus importantes du présentéisme et l'absentéisme.

3 facteurs clés : Une des principales conclusions de l'analyse est que le présentéisme découle de 3 facteurs clés, dont 2 liés à la politique de l'entreprise, et parfois curieusement contraires.

· Premier facteur, une mauvaise santé générale (qui curieusement ici va favoriser ce comportement de venir quand même travailler),

· le stress au travail,

· mais aussi une motivation élevée, liée à une forte satisfaction associée au travail et un fort sentiment d'engagement envers l'organisation.

Ces 3 facteurs sont de nature à inciter les gens à faire plus et plus intensément, même en cas de maladie.

Des facteurs directs issus de la politique RH de l'entreprise : Bien évidemment, la politique de l'entreprise intervient également au premier chef sur les absences ou non des salariés en cas de maladie : il s'agit là des éventuelles mesures disciplinaires ou « pressions » en cas d'absence, de l'insécurité de l'emploi, des congés maladie partiellement pris en charge (complémentaire) ou, a contrario de la flexibilité des plannings ou du nombre de jours d'absence autorisés sans certificat médical.

Le présentéisme n'est pas un comportement positif : il faut rappeler que le présentéisme a été associé à des effets négatifs sur le bien-être et la productivité des employés dont des erreurs, des performances réduites, l'aggravation des problèmes de santé, une baisse du bien-être et de la qualité de vie, et finalement, une perte plus importante de productivité que l'absentéisme. Ainsi, le présentéisme a un coût, qui, au Royaume-Uni, a même été estimé à 15,1 milliards de £ par an.

3 leviers : L'auteur principal, le Dr Mariella Miraglia, professeur de comportement organisationnel résume ainsi le présentéisme comme associé à :

· des facteurs personnels : l'état de santé, la situation familiale, l'organisation du temps, les difficultés financières, la couverture « maladie », le conflit travail - famille,

· des facteurs liés au travail même : stress, motivation, engagement, exigences du poste et charge de travail, manque de personnel, heures supplémentaires, exposition au harcèlement ou à la discrimination,

· des facteurs d'entreprise (politique RH) : environnement de travail et relations avec les collègues, bonne relation avec ses supérieurs, liberté d'esprit de ne pas avoir à aller travailler en cas de maladie, satisfaction de l'emploi…

3 leviers étroitement liés mais sur lesquels il reste possible de « jouer »: Car le présentéisme est plus prévisible que l'absentéisme, il est donc plus facile de modifier ses facteurs au niveau de l'entreprise, conclut l'auteur. Comme par exemple avec des programmes de bien-être et de santé au travail destinés à réduire le stress, avec le soutien organisationnel, ou encore un meilleur contrôle des charges de travail.

Enfin, le présentéisme n'est pas toujours négatif ! Aller au travail, même à temps partiel, en cas d'affection de longue durée peut être un choix positif, pour une reprise plus progressive, pour le maintien de l'estime de soi et de l'exercice cognitif. Mais, finalement, tout se joue dans la flexibilité…

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