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PROTHÈSES de HANCHE: Taux d'échec élevé pour les implants Métal sur Métal

Actualité publiée il y a 6 années 7 mois 1 semaine
The Lancet

Cette nouvelle étude, publiée dans l’édition du 13 mars du Lancet et menée sur plus de 400.000 implantations de prothèses de hanche conclut à un taux d'échec plus élevé des prothèses de hanche métal sur métal (du type des prothèses DePuy retirées du marché) que pour les autres types de prothèse, de l’ordre de 6,2% à 5 ans. Un taux d’échec particulièrement élevé pour les prothèses à « grosse tête », précisent ces chercheurs qui suggèrent donc une vitesse d’usure bien plus rapide que prévu et recommandent plutôt un retour aux prothèses en céramique.

Alors que les prothèses de hanche métal on métal (MoM) de la société DePuy ont fait l'objet d'un premier rappel aux Etats-Unis, d'une alerte au Royaume-Uni, de conclusions d'une étude des NIH américains, publiée dans la revue Science, démontrant la formation d'une couche solide, dans le corps, ressemblant plus à un lubrifiant industriel qu'à un liquide articulaire, et enfin de récentes recommandations, en France, après constatation d'un taux de reprise excessif sur ces prothèses, ces experts appellent, dans leur étude publiée dans Le Lancet, à interdire ce type de prothèses.


Ces chercheurs des Universités de Bristol and Exeter et de l'hôpital Wrightington (Lancashire), un centre d'implantation britannique ont travaillé à partir des données de 402.051 chirurgies de la hanche du Registre national d'Angleterre et du Pays de Galle, qui comportaient 31.171 implantations de prothèses de la hanche métal sur métal (MoM). Les auteurs étaient motivés par les préoccupations sur le taux d'échec des implants DePuy ASR, retirés du marché en 2010 et par les nouvelles inquiétudes sur d'autres types de métal-métal implants, en particulier sur cette couche formée à l'articulation. Les auteurs précisent enfin qu'ils n'ont pas inclus de données sur les implants ASR dans leur analyse, car ces implants sont déjà connus pour avoir des taux de révision beaucoup plus élevés que d'autres et, par ailleurs ne sont plus sur le marché.

Les chercheurs constatent que

· des implants de la hanche métal-métal ont été utilisés dans 8% des 402,051 prothèses totales de la hanche prises en compte (soit pour 31.171 implantations),

· l'utilisation de ce type d'implants a atteint un sommet autour de 2008, puis a fortement diminué ensuite,

· un taux d'échec plus élevé pour ces prothèses MoM que pour les autres types de prothèse de hanche, avec un taux d'échec à 5 ans de 6,2%.

· Une association entre la taille de la tête de l'implant métallique et le taux d'échec chez les hommes et les femmes : Chaque augmentation de 1 mm de taille de la tête augmente le risque de révision au fil du temps d'environ 2% (HR : 1,020 chez les hommes, IC : 95% de 1,004 à 1,037- HR : 1,019 chez les femmes, IC : 95% de 1,001 à 1.038).

· Chez les hommes âgés de 60 ans, le taux de révision à 5 ans est

- de 3,2% pour les prothèses MoM à tête de 28mm

- de 5,1% pour les prothèses MoM à tête de 52mm.

- de 3,3% pour les prothèses en céramique à tête de 28mm

- de 2,0% pour les prothèses en céramique à tête de 40 mm.

· Chez les femmes, le taux de révision à 5 ans est

- de 6,1% pour les prothèses MoM à tête de 46mm

- de 1,6% pour les prothèses MoM à tête de 28mm.

· Le taux de révision pour les MoM est plus élevé chez les femmes que chez les hommes, même avec des implants avec la même taille de tête,

· L'âge est également un facteur de durée des prothèses de hanche, pour les femmes en particulier, les jeunes femmes étant plus susceptibles de subir plus rapidement une chirurgie de révision.

Dans l'ensemble, cette recherche conclut que les implants MoM ont un taux de révision et de remplacement plus élevé que les autres types de prothèses de hanche (en Angleterre et au Pays de Galles). Mais ces résultats peuvent être instructifs, pour la France aussi. Les personnes ayant reçu des prothèses à grosse tête doivent donc être étroitement surveillées en particulier sur le risque d'usure à un rythme plus rapide de leur prothèse. Toutes les prothèses, précisent les auteurs, feront l'expérience de l'usure. Toutes les personnes implantées auront éventuellement besoin d'une chirurgie de révision. Mais leurs résultats montrent que les prothèses MoM nécessiteront probablement un remplacement plus rapide que les autres prothèses.

Source: The Lancet, Early Online Publication March 13 2012 doi:10.1016/S0140-6736(12)60353-5 Failure rates of stemmed metal-on-metal hip replacements: analysis of data from the National Joint Registry of England and Wales. (vignette NHS, visuel NIH)

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