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ÉPIGÉNÉTIQUE: La méditation modifie l'expression de nos gènes aussi

Actualité publiée il y a 5 années 10 mois 1 semaine
Psychoneuroendocrinology

C’est une nouvelle preuve de changements, ici au niveau moléculaire, induits par la pratique de la méditation en pleine conscience, avec cette étude de l’Université du Wiconsin-Madison, qui a tenté d’en comprendre plus sur ses effets bénéfiques pour la santé. Des changements qui affectent essentiellement ceux qui pratiquent régulièrement et particulièrement certaines voies de régulation, dont celles liées au stress et à l’inflammation.

L'étude a examiné les effets d'un seul jour de pratique de méditation en pleine conscience chez un groupe d' « adeptes » expérimentés et en comparaison de sujets témoins « débutants » qui se sont engagés dans des activités calmes durant le même laps de temps. Après 8 heures de pratique de méditation en pleine conscience, les adeptes présentent toute une série de différences génétiques et moléculaires, en particulier dans les niveaux d'expression de certains gènes dont pro-inflammatoires, confirmant ainsi, au niveau moléculaire, les effets de la pratique sur une récupération physique plus rapide à la suite d'une situation stressante.


C'est la première étude à démontrer des modifications aussi rapides de l'expression des gènes liées à la pratique de la méditation pleine conscience, commente l'auteur principal, Richard J. Davidson, de l'Université de Wisconsin- Madison. Des modifications qui, de plus, interviennent dans les gènes ciblés par les médicaments anti-inflammatoires et analgésiques. La méditation en pleine conscience pourrait ainsi trouver toute son utilité en intervention préventive des troubles inflammatoires.

Une expression génétique similaire entre participants avant la méditation : Aucune différence, de manière surprenante, n'est constatée dans les gènes testés entre les deux groupes de personnes, adeptes et débutants, au début de l'étude. Et les effets observés le sont seulement chez les participants déjà pratiquants. De plus, la pratique de la méditation en pleine conscience ne va affecter, chez ces sujets que certaines voies de régulation spécifiques.

Les gènes affectés sont ceux de l'inflammation: Les chercheurs montrent ici l'impact quasi-immédiat de la méditation sur les gènes pro-inflammatoires RIPK2 et COX2 ainsi que sur plusieurs gènes nommés « HDACs » qui régulent l'activité épigénétique d'autres gènes en supprimant l'expression d'un composé chimique. Ces modifications épigénétiques sont associées, par les chercheurs, à une récupération plus rapide des niveaux de cortisol.

La pratique de la pleine conscience peut donc bien conduire à des altérations épigénétiques du génome. Les auteurs résument : « Nos gènes sont très dynamiques dans leur expression et ces résultats suggèrent que le calme de notre esprit peut effectivement avoir une influence sur leur expression ».

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